![]() | Résumé : " Deux jeunes trouvent la mort à Paris, victime d'un tueur qui leur injecte de l'héroïne pure. Dans des circonstances différentes,deux SDF subissent également un sort funeste dans les sous-sols de la Gare de Lyon. La copie d'une lettre codée ancienne va parvenir à la police, et la mettre sur la trace d'une vieille histoire qui a sa source en Bretagne, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le Capitaine Daniel Magne et la jeune APJ Lisa Heslin vont tâcher de remonter dans le temps pour démêler l'affaire, et arrêter le meurtrier avant qu'il ne commette de nouveaux crimes. Mais celui qu'ils traquent est-il le vrai coupable, ou également une victime ? " |
Présentation par l'auteur : " " De sinistre mémoire " est mon premier roman édité, aux Nouveaux Auteurs, mais le second chronologiquement, après " La mante sauvage ", dont j'espère la publication en 2011.
L'intrigue est née du croisement entre une nouvelle que j'avais écrite au cours des années 1990 et une compilation des souvenirs de guerre de mon beau-père à Hennebont, Morbihan, dont les frasques d'enfance lui ont permis de survivre au milieu de l'horreur de l'Occupation allemande.
Il manquait à la nouvelle un corps solide sur lequel appuyer mon récit, et aux souvenirs de guerre un lien vers l'époque contemporaine, à laquelle je souhaitait rattacher l'Histoire.
J'ai eu le déclic en mettant en forme le squelette du roman, assis sur un rocher, face à l'océan qui venait lécher le rivage de la presqu'île de Gâvres, où je m'étais rendu en reconnaissance pour plonger dans les archives des années 1940. Tout s'est mis en place d'un seul coup, comme si les événements n'attendaient que cela, perchés sur mon épaule, essayant vainement de percer la coque obtuse de mon crâne. j'ai laissé échapper un "Bon sang, mais c'est bien sûr !" que seules les mouettes ont entendu, et je me suis jeté sur l'écriture du canevas final avant que le vent me le fasse sortir de la tête...
J'ai donc décidé qu'une part déterminante du roman se tiendrait sur ces terres venteuses chargées du passé, face à l'entrée du port de Lorient où se situait à l'époque la plus grande base sous-marine de guerre allemande de l'Atlantique, Keroman. Je luis devais bien ça !
La nouvelle parlait d'un cambriolage durant lequel les malfaiteurs tombent sur un document qui n'aurait jamais dû revoir le jour, et j'y ai ajouté quelques morts très suspectes, dont celles de deux jeunes qui meurent d'une injection d'héroïne alors qu'ils ne sont pas toxicomanes, et un tueur très déterminé qui cherche à assouvir une vengeance implacable.
Le plus difficile, dans cette histoire, a été d'écrire ce qui concernait les enfants. Pas dans l'action elle-même, dans laquelle je me sens plutôt à l'aise, mais dans le fait que je me suis dit, surtout dans le chapitre 15 : Si je relis ça, je ne pourrai pas continuer. les archives départementales, hélas, regorgent de ce qui a marqué la population bretonne occupée au fer rouge, et je n'ai eu qu'à puiser dans une manne terrifiante d'exactions, les plus insoutenables concernant souvent les enfants et les vieillards, qui étaient des victimes faciles pour leurs bourreaux. Toutes ces violences, basées sur des faits réels, ont servi de cadre à mon roman, mais je n'ai pas voulu utiliser des véritables archives pour les scènes les plus dures. Les lieux mêmes où ce chapitre est campé (l'église notamment) n'existent pas, hormis le site dit "La montagne". Cela m'a permis de m'affranchir un peu de la réalité, et de pouvoir y lâcher mes fauves imaginaires.
La machine Enigma, dont il est question pour la missive codée, a servi aux Allemands pour communiquer entre eux, avec une difficulté pratiquement insurmontable pour leurs adversaires qui interceptait parfois leurs messages. Le principe très complexe de la machine permettait en effet d'affecter une lettre différente à chaque pression de touche d'une même lettre, qui rendait pratiquement impossible tout décodage sans avoir la clé de départ de l'encodage. j'ai trouvé tous les renseignements relatifs à cette machine Enigma sur Internet, et même un logiciel qui m'a permis de coder mon texte comme s'il s'était agi d'une machine réelle.
Pour la scène d'action finale, j'ai voulu séparer mes deux personnages principaux, le capitaine Daniel Magne et la jeune APJ Lisa Heslin, par un artifice géographique, et les amener à se précipiter chacun de leur côté vers une tentative désespérée de stopper le cours des événements qui accélère dangereusement. Le choix du moyen d'y parvenir leur appartient à ce moment-là, et je souhaitais que le lecteur se mette à courir avec les deux en même temps, tout en se demandant lequel y parviendrait le premier, et s'il y réussirait...
"De sinistre mémoire" a été pour moi l'apprentissage de ce qu'un plan longuement peaufiné eput faciliter l'écriture d'un roman, en préservant la route de l'auteur débutant de quelques pièges prévisibles. Je retravaille donc en ce moment mon thriller précédent dans cette optique..."
L'auteur : Biographie et bibliographie et présentation du livre
Interview de l'auteur en 2011 à la bibliothèque d'Egreville :
" "De sinistre mémoire" s'inspire de l'Histoire, de notre histoire et de ses travers. Vous êtes-vous inspirés de faits réels ?
Toute la partie historique de ce roman m'a été inspirée par les souvenirs d'enfance de mon beau-père, Charles Lucas, qui est né à l'écluse des Gorets à Hennebont, Morbihan, dont la photo est en couverture. J'ai modifié son personnage en le vieillissant un peu car Charlie n'avait que 7 ans en 1944 et j'avais besoin d'un adolescent pour mettre mon intrigue en place. Je lui dois l'authenticité d'une bonne partie de l "couleur" de l'époque de la guerre et de l'occupation allemande, qu'il m'a inlassablement racontées durant de longues heures avant que je m'imprègne bien de cette période particulièrement cruciale pour la Bretagne, mais également pour notre pays. Le reste de la documentation que j'ai utilisée provient des archives de la ville de Hennebont où j'ai pioché de nombreux faits réels qui m'ont totalement révolté.
En revanche, l'histoire des enfants assassinés sur "La Montagne" est complètement imaginaire. Je n'aurais pas pu, pour une scène aussi dure, utiliser de vraies victimes historiques...
Charlie nous a quittés en août 2011, mais je suis heureux qu'il ait pu voir ce roman aboutir. sans lui, "De sinistre mémoire" n'aurait jamais vu le jour.
Magne et ses collègues ont-ils vocation à devenir des personnages récurrents dans d'autres histoires ?
Oui, sans aucun doute. J'aime beaucoup ma petite équipe de ce commissariat imaginaire du Xème arrondissement, que j'ai voulue multiculturelle, multiethnique, multi-âge, tout en faisant très attention à ne pas tomber dans le cliché. c'était clairement la partie la plus difficile de la création de ces "caractères". Daniel Magne et Lisa Heslin se sont imposés tout de suite, ainsi que Henri Walczak et Rafik Sgodovian. le commissaire Estier, quant à lui, existait depuis longtemps dans mes nouvelles, mais il était beaucoup trop sympa. Je lui ai durci le trait pour le rendre plus irascible et il ne ressemble plus beaucoup à la première version que j'avais imaginée dans les années 80.
J'ai actuellement trois polars achevés avec cette petite troupe de personnages. le premier d'entre eux, chronologiquement, est "La mante sauvage", inédit à ce jour, le second "De sinistre mémoire", et le troisième "Quatre racines blanches" qui doit paraître en 2012, a priori en mars, toujours aux Nouveaux Auteurs.
L'intrigue de "Quatre racines blanches" se déroule pratiquement en intégralité à Montréal, au Québec. J'y ai plongé Magne et Lisa dans le froid, dans le crime organisé, au sein d'un monde à la fois proche du nôtre et complètement différent où tout nouveau repère est une sorte d'épreuve initiatique pour y être adopté.
Un quatrième roman "Principes mortels", écrit en 2010, rompt avec cette première série de thrillers en prenant la piste du drame familial noir. Ici, la police et la gendarmerie sont en demi-teinte, car le coeur de cette sombre histoire doit parvenir à son dénouement sans elle...
Je travaille en ce moment sur mon n°5, un polar que je veux encore plus sombre que les précédents, mais je reste encore très discret sur le sujet... Je peux tout de même vous confier que mes lecteurs y retrouveront Daniel et Lisa dans une nouvelle enquête qui va les emmener... jusqu'au bout d'eux-mêmes.
[...]
Pouvez-vous nous citer des auteurs qui comptent pour vous ?
Parmi les francophones, l'un des tout premiers est Frédéric Dard, pour son oeuvre titanesque et sa gouaille jouissive à l'extrême. Ensuite Boileau-Narcejac, pour la qualité et la complexité de leurs intrigues noueuses. J'inclus d'ailleurs une citation de l'un de leurs romans en tête de chacun des miens. Puis, dans les contemporains, les incontournables Franck Thilliez et Maxime Chattam, ainsi que Nathalie Hug et Jérôme Camut.
Parmi les anglophones, R.J. Ellory est le numéro 1 incontesté, suivi de Dennis Lehane, Tony Hillerman,Elisabeth George et Patricia Highsmith.
Chez les auteurs du Nord, le norvégien Jo Nesbo vient largement en tête et Carlos Ruiz Zafon pour ceux du Sud.
Vous êtes un Icaunais écrivant des polars, à quand un polar icaunais ?
Mon premier polar "La mante sauvage" se déroule en grande partie dans la région de Sens. Toujours inédit à ce jour...."
L'intrigue est née du croisement entre une nouvelle que j'avais écrite au cours des années 1990 et une compilation des souvenirs de guerre de mon beau-père à Hennebont, Morbihan, dont les frasques d'enfance lui ont permis de survivre au milieu de l'horreur de l'Occupation allemande.
Il manquait à la nouvelle un corps solide sur lequel appuyer mon récit, et aux souvenirs de guerre un lien vers l'époque contemporaine, à laquelle je souhaitait rattacher l'Histoire.
J'ai eu le déclic en mettant en forme le squelette du roman, assis sur un rocher, face à l'océan qui venait lécher le rivage de la presqu'île de Gâvres, où je m'étais rendu en reconnaissance pour plonger dans les archives des années 1940. Tout s'est mis en place d'un seul coup, comme si les événements n'attendaient que cela, perchés sur mon épaule, essayant vainement de percer la coque obtuse de mon crâne. j'ai laissé échapper un "Bon sang, mais c'est bien sûr !" que seules les mouettes ont entendu, et je me suis jeté sur l'écriture du canevas final avant que le vent me le fasse sortir de la tête...
J'ai donc décidé qu'une part déterminante du roman se tiendrait sur ces terres venteuses chargées du passé, face à l'entrée du port de Lorient où se situait à l'époque la plus grande base sous-marine de guerre allemande de l'Atlantique, Keroman. Je luis devais bien ça !
La nouvelle parlait d'un cambriolage durant lequel les malfaiteurs tombent sur un document qui n'aurait jamais dû revoir le jour, et j'y ai ajouté quelques morts très suspectes, dont celles de deux jeunes qui meurent d'une injection d'héroïne alors qu'ils ne sont pas toxicomanes, et un tueur très déterminé qui cherche à assouvir une vengeance implacable.
Le plus difficile, dans cette histoire, a été d'écrire ce qui concernait les enfants. Pas dans l'action elle-même, dans laquelle je me sens plutôt à l'aise, mais dans le fait que je me suis dit, surtout dans le chapitre 15 : Si je relis ça, je ne pourrai pas continuer. les archives départementales, hélas, regorgent de ce qui a marqué la population bretonne occupée au fer rouge, et je n'ai eu qu'à puiser dans une manne terrifiante d'exactions, les plus insoutenables concernant souvent les enfants et les vieillards, qui étaient des victimes faciles pour leurs bourreaux. Toutes ces violences, basées sur des faits réels, ont servi de cadre à mon roman, mais je n'ai pas voulu utiliser des véritables archives pour les scènes les plus dures. Les lieux mêmes où ce chapitre est campé (l'église notamment) n'existent pas, hormis le site dit "La montagne". Cela m'a permis de m'affranchir un peu de la réalité, et de pouvoir y lâcher mes fauves imaginaires.
La machine Enigma, dont il est question pour la missive codée, a servi aux Allemands pour communiquer entre eux, avec une difficulté pratiquement insurmontable pour leurs adversaires qui interceptait parfois leurs messages. Le principe très complexe de la machine permettait en effet d'affecter une lettre différente à chaque pression de touche d'une même lettre, qui rendait pratiquement impossible tout décodage sans avoir la clé de départ de l'encodage. j'ai trouvé tous les renseignements relatifs à cette machine Enigma sur Internet, et même un logiciel qui m'a permis de coder mon texte comme s'il s'était agi d'une machine réelle.
Pour la scène d'action finale, j'ai voulu séparer mes deux personnages principaux, le capitaine Daniel Magne et la jeune APJ Lisa Heslin, par un artifice géographique, et les amener à se précipiter chacun de leur côté vers une tentative désespérée de stopper le cours des événements qui accélère dangereusement. Le choix du moyen d'y parvenir leur appartient à ce moment-là, et je souhaitais que le lecteur se mette à courir avec les deux en même temps, tout en se demandant lequel y parviendrait le premier, et s'il y réussirait...
"De sinistre mémoire" a été pour moi l'apprentissage de ce qu'un plan longuement peaufiné eput faciliter l'écriture d'un roman, en préservant la route de l'auteur débutant de quelques pièges prévisibles. Je retravaille donc en ce moment mon thriller précédent dans cette optique..."
L'auteur : Biographie et bibliographie et présentation du livre
Interview de l'auteur en 2011 à la bibliothèque d'Egreville :
" "De sinistre mémoire" s'inspire de l'Histoire, de notre histoire et de ses travers. Vous êtes-vous inspirés de faits réels ?
Toute la partie historique de ce roman m'a été inspirée par les souvenirs d'enfance de mon beau-père, Charles Lucas, qui est né à l'écluse des Gorets à Hennebont, Morbihan, dont la photo est en couverture. J'ai modifié son personnage en le vieillissant un peu car Charlie n'avait que 7 ans en 1944 et j'avais besoin d'un adolescent pour mettre mon intrigue en place. Je lui dois l'authenticité d'une bonne partie de l "couleur" de l'époque de la guerre et de l'occupation allemande, qu'il m'a inlassablement racontées durant de longues heures avant que je m'imprègne bien de cette période particulièrement cruciale pour la Bretagne, mais également pour notre pays. Le reste de la documentation que j'ai utilisée provient des archives de la ville de Hennebont où j'ai pioché de nombreux faits réels qui m'ont totalement révolté.
En revanche, l'histoire des enfants assassinés sur "La Montagne" est complètement imaginaire. Je n'aurais pas pu, pour une scène aussi dure, utiliser de vraies victimes historiques...
Charlie nous a quittés en août 2011, mais je suis heureux qu'il ait pu voir ce roman aboutir. sans lui, "De sinistre mémoire" n'aurait jamais vu le jour.
Magne et ses collègues ont-ils vocation à devenir des personnages récurrents dans d'autres histoires ?
Oui, sans aucun doute. J'aime beaucoup ma petite équipe de ce commissariat imaginaire du Xème arrondissement, que j'ai voulue multiculturelle, multiethnique, multi-âge, tout en faisant très attention à ne pas tomber dans le cliché. c'était clairement la partie la plus difficile de la création de ces "caractères". Daniel Magne et Lisa Heslin se sont imposés tout de suite, ainsi que Henri Walczak et Rafik Sgodovian. le commissaire Estier, quant à lui, existait depuis longtemps dans mes nouvelles, mais il était beaucoup trop sympa. Je lui ai durci le trait pour le rendre plus irascible et il ne ressemble plus beaucoup à la première version que j'avais imaginée dans les années 80.
J'ai actuellement trois polars achevés avec cette petite troupe de personnages. le premier d'entre eux, chronologiquement, est "La mante sauvage", inédit à ce jour, le second "De sinistre mémoire", et le troisième "Quatre racines blanches" qui doit paraître en 2012, a priori en mars, toujours aux Nouveaux Auteurs.
L'intrigue de "Quatre racines blanches" se déroule pratiquement en intégralité à Montréal, au Québec. J'y ai plongé Magne et Lisa dans le froid, dans le crime organisé, au sein d'un monde à la fois proche du nôtre et complètement différent où tout nouveau repère est une sorte d'épreuve initiatique pour y être adopté.
Un quatrième roman "Principes mortels", écrit en 2010, rompt avec cette première série de thrillers en prenant la piste du drame familial noir. Ici, la police et la gendarmerie sont en demi-teinte, car le coeur de cette sombre histoire doit parvenir à son dénouement sans elle...
Je travaille en ce moment sur mon n°5, un polar que je veux encore plus sombre que les précédents, mais je reste encore très discret sur le sujet... Je peux tout de même vous confier que mes lecteurs y retrouveront Daniel et Lisa dans une nouvelle enquête qui va les emmener... jusqu'au bout d'eux-mêmes.
[...]
Pouvez-vous nous citer des auteurs qui comptent pour vous ?
Parmi les francophones, l'un des tout premiers est Frédéric Dard, pour son oeuvre titanesque et sa gouaille jouissive à l'extrême. Ensuite Boileau-Narcejac, pour la qualité et la complexité de leurs intrigues noueuses. J'inclus d'ailleurs une citation de l'un de leurs romans en tête de chacun des miens. Puis, dans les contemporains, les incontournables Franck Thilliez et Maxime Chattam, ainsi que Nathalie Hug et Jérôme Camut.
Parmi les anglophones, R.J. Ellory est le numéro 1 incontesté, suivi de Dennis Lehane, Tony Hillerman,Elisabeth George et Patricia Highsmith.
Chez les auteurs du Nord, le norvégien Jo Nesbo vient largement en tête et Carlos Ruiz Zafon pour ceux du Sud.
Vous êtes un Icaunais écrivant des polars, à quand un polar icaunais ?
Mon premier polar "La mante sauvage" se déroule en grande partie dans la région de Sens. Toujours inédit à ce jour...."
Fiche bibliographique
Titre : De sinistre mémoireAuteur : Saussey, Jacques
Editeur : Les Nouveaux auteurs, 2010

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